Malendure fait partie des sites guadeloupéens où l’observation des tortues est régulière. C’est aussi un secteur très fréquenté, où la pression humaine peut entraîner du dérangement, parfois pendant plusieurs heures sur une même journée.
Ce que fait concrètement le dérangement
Une tortue observée près du rivage est souvent en phase d’alimentation (notamment sur herbiers), de repos ou de déplacement. Lorsque l’animal est poursuivi, encerclé, touché, éclairé ou “bloqué”, il peut :
- interrompre son alimentation,
- fuir une zone favorable,
- modifier ses trajets et son comportement,
- dépenser davantage d’énergie à éviter l’humain.
La règle d’or : “observer passivement”
La meilleure observation est celle où la tortue ne change pas de comportement.
Les 3 principes simples (mer / palmes-masque-tuba)
- Distance : rester à au moins 5 mètres.
- Surface : rester en surface (pas d’apnée vers l’animal).
- Calme : nager doucement, sans gestes brusques.
À ne jamais faire
- toucher la tortue (même “juste la carapace”),
- la poursuivre ou “la suivre pour la montrer”,
- se placer devant elle ou lui couper la route,
- l’encercler à plusieurs,
- l’éclairer (flash, lampe, projecteur), surtout à la tombée de la nuit.
Ce que dit la loi en France : protection stricte des tortues marines
Interdictions principales
Les tortues marines sont protégées par la réglementation nationale. Sont notamment interdits :
- la destruction, mutilation, capture, enlèvement intentionnels,
- la perturbation intentionnelle,
- la perturbation induite par des nuisances lumineuses,
- la poursuite ou le harcèlement des animaux dans le milieu naturel,
- la destruction, l’altération ou la dégradation de leurs habitats (zones de reproduction, de croissance, d’alimentation, de repos, corridors migratoires).
Sanctions
Le Code de l’environnement prévoit, pour certaines atteintes aux espèces protégées, des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende. Le texte précise également que l’amende est doublée lorsque certaines infractions sont commises dans le cœur d’un parc national (ou dans une réserve naturelle).
Dans le cœur marin de Pigeon (îlets Pigeon) : rappels indispensables
Dans le cœur marin de Pigeon, plusieurs règles sont à connaître et à respecter, notamment :
- ancrage interdit : amarrage aux bouées uniquement,
- interdiction d’éclairer les îlets ou la mer de nuit,
- interdiction de survol par drone sans autorisation,
- interdiction de rester au mouillage de nuit,
- interdiction de naviguer dans la zone d’exclusion à la navigation.
Ces règles ne remplacent pas les bons gestes d’observation : elles s’y ajoutent.
Photographier / filmer une tortue à Malendure : faire de belles images sans pression
La bonne approche
- privilégier une prise de vue à distance (grand angle puis recadrage),
- conserver une position stable en surface,
- éviter de “sprinter” en palmes pour rattraper l’animal,
- accepter que la meilleure séquence soit parfois… une séquence courte.
Flash et éclairage : à proscrire
La réglementation encadre la perturbation induite par des nuisances lumineuses. Pour éviter tout dérangement, il est fortement recommandé de proscrire flashs et éclairages dirigés vers l’animal. De nuit, dans les zones réglementées, toute forme d’éclairage de la mer ou des îlets est à proscrire.
Drones
Dans le cœur du Parc national, le survol par drone est interdit, sauf autorisation exceptionnelle. Au-delà de la règle, un drone peut provoquer une perturbation (bruit, survol, stress) et compromettre la tranquillité de la faune.
Sorties en bateau, kayak, paddle : les bons réflexes “navigation”
Même sans contact direct, un engin nautique peut créer une pression (bruit, vitesse, trajectoire).
À faire
- ralentir et conserver une trajectoire stable,
- éviter les approches frontales,
- limiter les regroupements autour d’un même animal,
- respecter strictement les règles locales (bouées d’amarrage, pas d’ancrage en cœur, etc.).
À éviter
- coller une tortue en surface,
- la “pister” pour la montrer,
- multiplier les passages rapprochés.
Si vous observez une ponte ou des nouveau-nés : les gestes qui protègent vraiment
Lors d’une ponte, la tortue est particulièrement vulnérable. Pour limiter le risque de renoncement ou de stress, les consignes sont simples :
- respecter 10 mètres de distance,
- éteindre toutes les sources de lumière artificielle,
- ne pas utiliser de flash,
- ne pas toucher la tortue, les œufs ou les nouveau-nés,
- laisser l’espace libre devant la tortue.
Pour les nouveau-nés, l’envie “d’aider” est fréquente, mais la manipulation peut faire plus de mal que de bien (stress, blessures, désorientation). En cas de situation anormale (désorientation, obstacle, danger), le bon réflexe est de contacter un réseau compétent plutôt que d’intervenir seul.
Tortue blessée, empêtrée, échouée ou morte : que faire (et ne pas faire)
Le bon réflexe
Contacter le réseau compétent (réseau tortues/échouage). Des personnes formées et autorisées vous indiqueront la conduite à tenir.
En attendant
- rester à distance, limiter le public autour,
- noter un repère simple (lieu, heure, type de situation : blessure, empêtrée, morte, etc.),
- éviter toute manipulation.
À éviter absolument
- couper un fil ou retirer un hameçon sans consigne,
- transporter l’animal,
- remettre à l’eau une tortue échouée sans indication (cela peut masquer un problème grave),
- manipuler “pour la photo”.
À Malendure, l’observation des tortues marines reste possible si chacun applique une règle simple : regarder sans intervenir. Garder ses distances, rester en surface, éviter la lumière et toute poursuite, respecter les règles du cœur marin : ces gestes protègent les tortues… et préservent la qualité de l’expérience pour tous.
En mer, il est recommandé de rester à au moins 5 mètres.
Il est recommandé de rester en surface pour limiter le dérangement.
Non. Même si elle passe près de vous, il ne faut pas la toucher.
Il est recommandé de proscrire le flash et tout éclairage dirigé vers l’animal afin d’éviter toute perturbation, notamment liée aux nuisances lumineuses.
Les règles majeures à retenir : pas d’ancrage (bouées), pas d’éclairage de nuit, pas de drone sans autorisation, pas de mouillage de nuit, respect des zones d’exclusion.
Contacter un réseau compétent (réseau tortues/échouage) et éviter toute manipulation.
Parce que c’est un site très fréquenté : la tortue peut être sollicitée à répétition, et le dérangement peut s’accumuler sur une journée.
À retenir
- 5 mètres minimum en mer + surface (pas d’apnée vers la tortue).
- Jamais de contact : on n’attrape pas, on ne touche pas.
- Aucune poursuite : si la tortue s’éloigne, on la laisse partir.
- Zéro flash / zéro éclairage intrusif (et en cœur marin de Pigeon : pas d’éclairage de nuit).
- En cœur marin de Pigeon : ancrage interdit, bouées obligatoires.