Une action concrète sur un site déjà engagé dans une démarche de restauration
Le site de Pointe Allègre–Nogent fait déjà l’objet d’actions de restauration écologique. Nous avons notamment présenté, en 2024, un plan de restauration visant à rétablir les fonctionnalités écologiques de cette zone humide (refuge et nourrissage pour les oiseaux d’eau et migrateurs, développement de la faune aquatique, etc.).
Notre expérimentation actuelle sur la mare de Pointe Allègre s’inscrit dans cette continuité : agir sur le terrain, tester des solutions et améliorer nos méthodes d’intervention. Le rapport technique 2023 publié sur le site confirme par ailleurs les enjeux écologiques du secteur et la présence de plantes exotiques envahissantes sur ce site.
Une zone humide, ce n’est pas “juste une mare”
Une mare est un milieu vivant. Elle accueille des plantes, des insectes, des oiseaux, des micro-organismes, et participe à l’équilibre écologique local.
Plus largement, les zones humides sont des milieux précieux mais fragiles. Nous le rappelons régulièrement dans nos actions de sensibilisation, notamment à l’occasion des Journées mondiales des zones humides. Le littoral nord de la Guadeloupe est d’ailleurs inscrit depuis 1993 sur la liste Ramsar, ce qui souligne l’importance de ces milieux à l’échelle internationale.
Quand certaines plantes prennent trop de place, cet équilibre peut se dégrader. C’est pourquoi nous intervenons avec méthode, en cherchant à restaurer des conditions plus favorables au fonctionnement naturel du site.
Restaurer une zone humide, ce n’est pas seulement intervenir sur la végétation : c’est comprendre le fonctionnement d’un milieu vivant, tester des méthodes adaptées et construire, avec nos partenaires, des réponses durables au service de la biodiversité guadeloupéenne.
— Harry Ozier-Lafontaine, directeur du Parc national de la Guadeloupe
Pourquoi les plantes envahissantes posent-elles problème ?
Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite hors de son aire naturelle qui menace les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. C’est la définition que nous rappelons dans nos contenus de sensibilisation sur le sujet.
Dans une mare, certaines plantes peuvent rapidement :
occuper une grande partie de l’espace ;
couvrir la surface de l’eau ;
réduire la lumière disponible ;
concurrencer d’autres espèces.
Le rapport technique publié sur le site pour Pointe Allègre–Nogent décrit précisément ces effets sur la zone humide (remplacement d’espèces patrimoniales, fermeture progressive du milieu, altération de la mare et des prairies humides).
Concrètement, qu’est-ce que le bâchage ?
Le bâchage consiste à recouvrir temporairement des zones ciblées pour freiner le développement de certaines plantes, notamment en limitant leur accès à la lumière.
Cette méthode peut sembler simple, mais sa mise en œuvre demande de la rigueur :
choix des zones à traiter,
installation du dispositif,
adaptation au site,
suivi dans le temps,
observation des effets.
Autrement dit, nous ne mettons pas en œuvre une solution “toute faite” : nous conduisons une expérimentation de terrain, avec une logique de test et d’évaluation.
Une expérimentation ciblée sur le typha et la salvine
L’expérimentation menée sur la mare de Pointe Allègre porte sur deux plantes très présentes sur le site :
le typha ;
la salvine.
Le rapport technique 2023 relatif au site de Pointe Allègre–Nogent mentionne notamment Typha domingensis et Salvinia molesta parmi les espèces exotiques envahissantes observées sur la zone.
Notre objectif est d’évaluer si la méthode testée permet de réduire leur développement sur des zones ciblées et de favoriser, à terme, des conditions plus équilibrées pour le milieu.
Tester, observer, mesurer : une méthode utile pour mieux agir demain
En gestion écologique, intervenir ne suffit pas : il faut aussi observer les résultats, mesurer les effets et capitaliser sur l’expérience. C’est tout l’intérêt de cette opération : tester une méthode dans les conditions réelles d’une mare littorale en Guadeloupe, puis en tirer des enseignements pour améliorer nos futures actions de gestion et de restauration des zones humides. Cette démarche – tester, observer, mesurer, ajuster – est au cœur d’une action publique utile, rigoureuse et adaptée au terrain.
Une action menée en partenariat
Cette expérimentation est menée avec Matthieu Norden, consultant en milieux littoraux, et avec l’appui du Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT). Ce partenariat nous permet de croiser expertise de terrain, retours d’expérience techniques et méthode de mise en œuvre rigoureuse.
A retenir
Lieu de l’intervention : mare de Pointe Allègre, Sainte-Rose (Guadeloupe)
Contexte : projet Nogent et actions de lutte contre les espèces exotiques envahissantes
Objet de l’opération : expérimentation d’un protocole de bâchage en zone humide
Plantes visées : typha et salvine
Partenaires mobilisés : Matthieu Norden et Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT)
Finalité : évaluer une méthode de gestion écologique et renforcer les actions de restauration des zones humides en Guadeloupe
