Une mission “sur l’eau”, parce que la pédagogie fonctionne mieux sur le terrain
Quand on parle de réglementation, on imagine souvent un texte, une affiche, une contrainte. Sur un site très fréquenté comme Malendure – Îlets Pigeon, l’enjeu est exactement l’inverse : rendre les règles compréhensibles, praticables, et surtout utiles.
Le 10 février 2026, la mission s’est déroulée sur le secteur Bouillante / Malendure / Îlets Pigeon, à bord du navire du Parc national CHROMIS, entre 6h30 et 12h30.
Elle a réuni le Parc national de la Guadeloupe (organisateur), l’OFB et la police municipale.
Notre choix est volontaire : aller là où se prennent les décisions, c’est-à-dire au moment précis où un bateau s’arrête et où l’ancre peut partir à l’eau. C’est aussi cela, “l’État est présent” : des services publics qui agissent ensemble, en mer, pour que la règle ne reste pas théorique.
Et surtout, la mission n’a pas consisté à “constater et repartir”. Pendant cette opération, tous les navires contrôlés ont reçu une information via Nav&Co et un rappel des règles applicables selon les sites.
Pourquoi le mouillage peut abîmer le vivant
Les herbiers marins : une prairie sous-marine, pas “des algues”
Un herbier marin est un habitat vivant. Pour l’imaginer, le plus simple est de penser à une prairie sous-marine. Le problème du mouillage n’est pas abstrait : il est mécanique. Une ancre et sa chaîne peuvent arracher la végétation, “racler” le fond, et laisser une trace qui peut persister.
C’est précisément pour limiter ces impacts que l’arrêté n°329 du 5 juin 2023 encadre la protection des herbiers sur les îles de la Guadeloupe : il sert de base réglementaire pour interdire certaines pratiques de mouillage dans les zones concernées.
Le cœur marin des Îlets Pigeon : une règle très simple, sans interprétation
Dans le cœur marin de Pigeon, la règle publiée par le Parc national est explicite : tout ancrage est interdit, et seul l’amarrage aux bouées prévues à cet effet est autorisé.
Cette règle s’inscrit dans le cadre général de la réglementation du cœur du Parc national, fondée sur le code de l’environnement, le décret n° 2009-614 du 3 juin 2009 et la charte approuvée par décret n° 2014-48 du 21 janvier 2014, comme le rappelle le Parc sur sa page de référence.
Ce que nous avons constaté le 10 février 2026
Sur les navires contrôlés au mouillage, le bilan est clair : 18 navires étaient conformes et 8 situations de non-conformité ont été relevées, dont 2 mouillages dans l’herbier, 3 mouillages en cœur de parc, et 3 mouillages constatés au-delà de 72 heures (dont 2 navires en attente de dépannage).
Ces chiffres doivent être lus avec justesse. Ils montrent d’abord une réalité positive : la majorité des usagers respecte déjà les règles. Ils montrent aussi qu’avec une forte fréquentation, quelques situations suffisent à abîmer un habitat sensible ou à banaliser de mauvaises pratiques. C’est exactement l’intérêt de notre présence en mer : prévenir, expliquer, corriger avant que l’impact ne devienne durable.
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pas l’identification des navires : l’objectif est d’améliorer les pratiques et la compréhension des règles.
Le mode d’emploi le plus simple : “je protège le fond avant tout”
La pédagogie la plus utile, c’est celle qui permet d’agir en quelques secondes, sans jargon.
Quand vous arrivez sur zone, posez-vous d’abord une seule question : sur quoi mon ancre va-t-elle tomber ? Si la réponse est “je ne sais pas”, c’est déjà une information : dans ce cas, il ne faut pas “tenter”.
Si le fond est clairement sableux, vous êtes dans le bon raisonnement. Si vous voyez (ou suspectez) un herbier, la décision la plus protectrice est de ne pas mouiller au hasard. Vous cherchez une zone sableuse évidente, ou vous vous déplacez. C’est exactement le sens du cadre préfectoral de protection des herbiers.
Ensuite, si vous êtes dans le cœur marin des Îlets Pigeon, la règle devient encore plus simple : vous n’ancrez pas. Vous vous amarrer uniquement sur les bouées prévues. Si toutes les bouées sont prises, la bonne décision pour le milieu est de changer de zone, plutôt que d’“improviser” à l’ancre. Enfin, avant même de mouiller, prenez l’habitude de vous informer. C’est l’objectif de Nav&Co, présenté comme un compagnon “ludique et pédagogique” : il permet de suivre sa route sur les cartes du Shom et de découvrir la biodiversité, les habitats et les aires marines protégées ; l’outil a été adapté à la Guadeloupe à l’initiative du Parc national. C’est dans cet esprit que, lors de la mission, l’information a été transmise aux usagers via Nav&Co.
Après la mission : renforcer la pédagogie et outiller une organisation durable
Le compte-rendu de mission propose des suites très concrètes : renforcer les moyens nautiques mobilisables, disposer de supports adaptés (dont une fiche en anglais), améliorer les capacités de constat, et accompagner une organisation de mouillage plus structurée.
À l’échelle de Bouillante, il existe déjà un cadre spécifique sur certaines zones, avec un arrêté de navigation et de mouillage daté du 13 octobre 2021.
Cela illustre une direction claire : plus les pratiques sont organisées, plus il est possible de concilier fréquentation, sécurité et préservation des fonds.
En cas de difficulté en mer : le réflexe sécurité
Si vous êtes témoin ou victime d’un problème en mer, l’alerte passe par le CROSS. Depuis le littoral, le numéro national
le 196 ; en mer, le canal prioritaire est la VHF canal 16.
Notre message
À Malendure et aux Îlets Pigeon, bien mouiller, c’est protéger. Ce n’est pas une contrainte “pour contraindre” : c’est une manière simple d’éviter d’abîmer le fond marin, de préserver les herbiers, et de maintenir la qualité
es et tous, aujourd’hui comme demain.
Non. Dans le cœur marin de Pigeon, tout ancrage est interdit. L’amarrage est autorisé uniquement sur les bouées prévues à cet effet.
Parce qu’un herbier marin est un habitat vivant. Une ancre et sa chaîne peuvent arracher la végétation et laisser des traces durables. La règle rappelée par le Parc est simple : on ne mouille pas sur herbier, on recherche le sable (y compris entre les herbiers).
Si vous hésitez, ne mouillez pas “au hasard” : cherchez une zone clairement sableuse. Le Parc recommande d’ancrer sur sable, entre les herbiers, et d’éviter toute zone d’herbier.
Dans le cœur marin, l’interdiction d’ancrage reste valable : si aucune bouée n’est disponible, la bonne pratique est de changer de zone. Règle à retenir : bouées uniquement, pas d’ancre en cœur marin.
Nav&Co aide à mieux s’informer en mer : l’application permet de suivre sa navigation et d’accéder à des informations utiles, notamment sur les aires marines protégées et la biodiversité. Le Parc national relaie cet outil pour faciliter les bons réflexes.
