Depuis 2018, un arrêté préfectoral interdit tout débarquement sur l’îlet ainsi que toute approche à moins de 100 mètres de ses rives, du 15 avril au 30 septembre.
Cette mesure s’applique sur un site naturel à la fois fragile et stratégique à l’échelle de la Guadeloupe.
Un site de reproduction rare à l’échelle du territoire
Chaque année, deux espèces de sternes viennent nicher sur l’Îlet Blanc : la Petite Sterne (Sternula antillarum), classée vulnérable, et la Sterne de Dougall (Sterna dougallii), classée en danger critique selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, 2021).
Si plusieurs colonies de Petites Sternes sont observées sur l’archipel, leurs taux de reproduction restent faibles. Pour la Sterne de Dougall, l’enjeu est encore plus marqué : l’Îlet Blanc constitue aujourd’hui son unique site de nidification régulier en Guadeloupe.
Une reproduction particulièrement vulnérable
Sur ce banc de sable en constante évolution, les sternes pondent directement au sol. Les nids, presque invisibles, peuvent être détruits sans être perçus. À la moindre présence humaine, les adultes s’éloignent, laissant œufs et poussins exposés à la chaleur et aux prédateurs. Les suivis menés par les équipes du Parc national montrent que cette vulnérabilité est renforcée par les mouvements naturels de l’îlet, dont certaines zones peuvent être temporairement immergées.
Dans ce contexte, la simple présence d’embarcations ou de visiteurs à proximité de l’îlet peut compromettre une saison entière de reproduction.
Un dispositif de protection renforcé sur le terrain
Pour sécuriser la reproduction, un dispositif spécifique est déployé chaque année. Une plateforme en bois a été installée afin de stabiliser certaines zones de nidification et de limiter les effets de l’érosion.
En mer, une zone tampon matérialisée par cinq bouées et un espar permet de signaler clairement la limite à ne pas franchir.
En amont de la saison, les équipes interviennent également pour préparer le site : limitation des prédateurs, installation de leurres, mise en place de la signalétique.
Ce dispositif repose sur un principe simple : limiter toute perturbation pendant une période décisive pour des espèces dont certaines ne disposent que de très peu de sites de reproduction en Guadeloupe.
Une réglementation spécifique au cœur du Grand Cul-de-sac marin
L’Îlet Blanc se situe en cœur de Parc national, au sein d’un espace soumis à une réglementation particulière visant à préserver les milieux naturels.
Le Grand Cul-de-sac marin constitue un territoire d’une exceptionnelle richesse écologique, associant mangroves, herbiers et récifs coralliens. Il couvre environ 3 200 hectares d’espaces naturels côtiers, complétés par une aire maritime adjacente de 130 000 hectares.
Dans ces espaces, certaines pratiques sont strictement encadrées. Le mouillage forain est interdit et seul l’amarrage sur bouées autorisées est possible.
D’autres activités sont également proscrites, notamment la pêche, la chasse, l’usage de jet-ski, l’éclairage nocturne des îlets ou encore le survol par drone sans autorisation.
Une responsabilité collective
Respecter cette réglementation, c’est contribuer directement à la préservation d’un site de reproduction unique en Guadeloupe et à la protection d’espèces particulièrement vulnérables.
Pour s’informer avant toute navigation, les usagers peuvent consulter l’application Nav&Co, qui permet d’accéder, en fonction de leur position, aux informations relatives à la réglementation maritime, au balisage et à la biodiversité.
Le Grand Cul-de-sac marin est un territoire d'une exceptionnelle diversité. Sur une superficie de 3 200 ha, se retrouvent la plus grande forêt marécageuse des Petites Antilles côtoyant la plus grande barrière de corail et au milieu des herbiers d'une grande richesse.
Il abrite des espaces classés en cœur de Parc national :
• les îlets Kahouanne et Tête-à-l'Anglais, Fajou, Christophe, Labiche, Carénage
• les marais Choisy et Lambis, la Pointe de la Grande Rivière à goyaves (Lamentin)
Son aire maritime adjacente couvre 130 000 hectares.
La réglementation diffère dans ces différents espaces. Le mouillage forain est interdit. Seul l'amarrage aux bouées mises à disposition par le Parc national est autorisé.
De plus, il est notamment interdit :
• de Pêcher ou chasser (pêche professionnelle ou de loisirs)
• D'éclairer les îlets ou la mer de nuit
• De pratiquer du jet ski
• De survoler la zone avec un drone ou tout autre type d'aéronef (sauf dérogation accordée par la direction du Parc national).
Les plaisanciers peuvent télécharger gratuitement l’application mobile Nav&Co pour accéder, selon leur géolocalisation, aux informations indispensables sur la réglementation maritime, le balisage et la biodiversité remarquable.
